Dimanche, le peuple équatorien a une nouvelle fois confirmé son attachement à la « Revolucion ciudadana » (révolution citoyenne) entamée par Rafael Correa depuis 2006.

Avec 56% des voix à l’élection présidentielle dès le 1er tour, Rafael Correa obtient une victoire d’autant plus historique qu’il distancie très largement le principal candidat de droite arrivé loin derrière à 24%. Son parti, l’Allianza Pais, décroche également la majorité absolue à l’Assemblée nationale suite aux élections législatives tenues le même jour.
Moins connue en Europe que la révolution bolivarienne du Venezuela, alors même que Rafael Correa a étudié en français à Louvain La Neuve, la révolution citoyenne équatorienne n’en demeure pas moins une expérience très riche et porteuse de nombreuses avancées.
Le Plan National pour le Bien Vivre (Buen Vivir) a permis de mettre fin à la longue et triste nuit néolibérale en répondant aux besoins des populations, y compris les communautés indigènes jusqu’à présent largement ignorées et discriminées.
Depuis 2006, la pauvreté est passée de 37% à 25% tandis que le travail des enfants et adolescents a très fortement diminué (de 17% à 6%). Le budget de l’éducation a été multiplié par 8. Des politiques de santé volontaristes ont également été initiées.
Quand à la dette qui étranglait le pays, le gouvernement a mené un audit citoyen au terme duquel elle fut considérée comme en grande partie illégitime. Le gouvernement a refusé d’en payer 70% et le pays ne s’en porte pas plus mal.
En parallèle, une nouvelle constitution est née des travaux de l’Assemblée constituante (2007-2008) avec la volonté de défendre la souveraineté populaire face aux intérêts des multinationales et des institutions financières internationales, mais aussi la volonté d’une rupture avec le capitalisme et la société coloniale en Equateur.
En résonance avec les luttes du mouvement social et indigène depuis les années 90, cette implication citoyenne a abouti à une des constitutions les plus progressistes au monde : garantie des services publics, droits pour les communautés indigènes, référendum révocatoire, référendum d’initiative populaire, droit à la désobéissance civile, droit de vote des étrangers à toutes les élections et même droits de la nature y figurent ainsi.
Révolution sociale et citoyenne : la révolution équatorienne détonne aussi par sa profonde conscience de la problématique écologique. La gauche équatorienne prépare ainsi l’après-pétrole avec l’Initiative Yasuni ITT qui délaisse l’exploration de 20% des réserves pétrolières équatoriennes au profit du développement des énergies renouvelables, de la protection de la nature et de la reforestation.
Le socialisme du Bien Vivre initié par Rafael Correa repose ainsi une vision plus large qui dépasse les marges étroites quantitatives de l’économisme et permet l’application d’un nouveau modèle de développement, dont la finalité n’est pas le processus d’accumulation matérielle infinie de biens mais la promotion d’une stratégie économique incluante, durable et démocratique visant un bien-être global.
En mettant en cause la logique productiviste et néolibérale, l’Equateur prépare aujourd’hui sa transition énergétique, sociale et écologique vers une société du Bien Vivre. Le scrutin de dimanche le confirme plus que jamais.
Derniers commentaires
1 mai 2012 (7:12) Après 18 ans de mandat, je ne serais pas candidate aux élections communales d’octobre 2012 de Schaerbeek Tu nous manqueras !
29 avril 2012 (7:56) Après 18 ans de mandat, je ne serais pas candidate aux élections communales d’octobre 2012 de Schaerbeek Et bien en bw on aurait bien besoin d' une grande dame "rouge"comme toi,militante de toujours. Bi...