A l’heure où les derniers bastions de Kadhafi sont sur le point de tomber, et plus de 10 jours après la chute de Tripoli, nous n’avons qu’une chose à dire : vive la Libye libre !
Pour les progressistes du Nord comme pour les peuples du Sud, la disparition de la sanguinaire et rétrograde Jamahiriya de Kadhafi s’inscrit dans un combat commun pour l’émancipation et la liberté.
Bien sûr, les conditions de la fin du régime posent beaucoup de questions. L’ordre international onusien n’a pas tenu une semaine face à l’interventionnisme du bras armé de l’empire, l’OTAN.
Si la légalité internationale a vite été maltraitée, on remarquera avec ironie que notre légalité nationale n’a guère tenue plus longtemps. Car c’est bien un gouvernement en affaires courantes qui a décidé de faire participer nos coûteux avions de chasse à la guerre en Libye. La guerre, une affaire courante ? Peut-être qu’au pays du surréalisme, il ne faut plus s’étonner de rien.
Même en connaissant la suite, fallait-il laisser les troupes de Kadhafi massacrer les rebelles à Benghazi en mars ? Face à un crime contre l’humanité en préparation, la réponse ne souffrait d’aucune hésitation. Comme l’a souligné Jean-Luc Mélenchon, « il fallait briser le tyran pour l’empêcher de briser la révolution ». Le « Guide » est maintenant brisé.
Il faut maintenant souhaiter la fin immédiate d’une intervention otanienne qui a malmené la légalité de l’ONU, en allant au-delà, bien au-delà, d’une simple protection des civils pour soutenir mener une opération offensive contre Kadhafi.
Une transition démocratique doit maintenant avoir lieu qui préserve l’intégrité et la souveraineté du peuple libyen.
L’Otan n’a rien à faire dans la construction de la Libye de demain. L’Otan doit respecter l’auto-détermination du peuple libyen et ne pas servir d’outil de l’accaparement des richesses du pays.
Richesses qui aujourd’hui comme hier échappent au peuple libyen, quand on sait que Kadhafi avait largement ouvert le pays aux compagnies pétrolières occidentales (seuls 25% des gisements exploités sous Kadhafi l’étaient par des entreprises nationales libyennes ! au rayon de l’anti-impérialisme, on a fait mieux !).
Le dictateur « anti-impérialiste » qui entretenait encore en janvier les meilleures relations avec Sarkozy, Berlusconi, Cameron, l’administration américaine, ce dictateur « panafricaniste » qui servait de barrage protecteur et rémunéré contre l’émigration africaine vers l’Europe, ce dictateur qui était plus qu’un ami, mais un allié de l’Occident, n’est plus. Nous en sommes heureux pour les libyens, et au-delà pour tous les peuples arabes en lutte pour leur pleine émancipation.
Nous devons rester vigilants quant à la suite des événements.
Vive le peuple libyen, pleinement libre de Kadhafi et de l’OTAN ! Vivent les révolutions arabes, du Maroc jusqu’à Bahreïn !