Victoire de Maduro au Venezuela : la révolution bolivarienne continue !

Près de 40 jours après la mort d’Hugo Chavez, les Vénézuéliens étaient appelés aux urnes dimanche pour désigner son successeur. Avec 50,75% des voix, le chaviste Nicolàs Maduro, actuel président par intérim, a été élu président. La révolution bolivarienne continue, et c’est une bonne nouvelle pour les progressistes du monde entier!

Comme à son habitude, la droite attise la tension en contestant les résultats. Elle a fait pire par le passé puisqu’elle avait organisée en 2002 un putsch qui échoua devant le soutien populaire à Hugo Chavez.

Dans sa grande sagesse, Maduro n’est pas rentré dans le piège tendu par l’opposition. Sûr de sa victoire, il a coupé net à la tentative de la droite d’instrumentaliser les résultats pour aboutir à une crise. Après la proclamation des résultats dimanche, voici sa réaction : « Nous ne voulons pas la violence, nous souhaitons la paix. Ils souhaitent un audit, nous y sommes favorables. Je demande officiellement à la commission nationale électorale d’effectuer un audit ».

Hier, la Commission nationale électorale (CNE) a confirmé après audit la victoire de Nicolas Maduro avec 50,75% (en légère hausse par rapport aux 50,66% proclamés dimanche soir).

Plus d’un mois après le choc de la mort d’Hugo Chavez, le peuple vénézuélien n’a pas besoin de violences post-électorales, mais d’ouvrir une nouvelle page dans la sérénité. Pour avoir rencontré plusieurs fois Nicolas Maduro par le passé, je sais que cet ancien conducteur de bus et syndicaliste saura accomplir cette tâche avec détermination. Chavez est mort, mais la révolution bolivarienne continue de faire battre le cœur du peuple vénézuélien.

Vendre les « bijoux de famille » de l’Etat? Pas une solution !

L’austérité dans notre pays ne saurait être cachée sous le vocable passe-partout de « rigueur ». Nouvel avatar du cycle austéritaire dans notre pays, on apprend une énième fois dans la presse que l’Etat s’apprête à vendre encore quelques « bijoux de familles » pour apparaître comme un bon élève budgétaire. Participations de l’Etat dans Belgacom, BNP Paribas, Royal Bank Investments, Belfius et BPost, tout est actuellement scrupuleusement examiné par nos grands argentiers et classé comme « vendable » ou « invendable ».

Vendre des participations dans Belgacom, tout en conservant 50,1% des actions ? Voilà un calcul de courte vue quand on sait que Belgacom verse des dividendes à l’Etat et donc à notre collectivité. Juste retour des choses pour une entreprise publique ! A ce titre, en vendant des actions Belgacom, l’Etat s’appauvrit sur le long terme (et nous avec !) en se privant de rentrées futures.

Vendre des participations dans des banques ? Mais comment peser alors au plus près pour éviter les dérives bancaires que nous avons connu ? Encore un calcul de courte vue !

La solution magique à la crise, ce n’est pas le retrait de l’Etat, le bradage de son patrimoine (qui est le nôtre !) et l’affaiblissement de nos services publics !

Partout l’austérité est un échec, avec des services publics cassés et une économie atone. Ce n’est pas avec une austérité de plus en plus brutale qu’on retrouvera le chemin de la prospérité mais en cherchant l’argent là ou il se trouve ! Et ce n’est pas la ratification prochaine du Pacte budgétaire européen (TSCG) qui va nous y aider, au contraire !

Il n’y a pas un mois sans qu’on annonce une nouvelle mesure d’austérité en Belgique, et il n’y a pas un mois non plus sans qu’on annonce un riche Français qui passe la frontière pour échapper à l’impôt de son pays, de Depardieu à Virenque en passant par Arnault. Quelle honte !

La Belgique est un paradis fiscal pour les riches, et un enfer fiscal pour les simples citoyens, avec une pression fiscale sur le travail des plus grandes en Europe! Combien de temps faudra-t-il le répéter, en particulier à l’arrogante Mme Lagarde, directrice du FMI qui a appelé mercredi la Belgique à  plus d’efforts budgétaires par « des réductions de dépenses et non des hausses d’impôts » ?

Mort de Chavez: aucune réaction du PS

Voici ce que j’ai écrit sur mon mur facebook le 7 mars, quelques jours après la mort d’Hugo Chavez.

« Lettre à mon président de Parti

Je viens de réaliser que le PS n’a pas réagi au décès du président Hugo Chavez. Après renseignements, il semble que c’est une décision volontaire. Comment est ce possible?

Le PSUV, parti socialiste unifié de Monsieur Chavez s’inscrit dans une logique de lutte contre la pauvreté, contre le tout à l’argent, contre les politiques du FMI, pour une vraie indépendance des peuples du joug de l’impérialisme et des multinationales, logique dans laquelle en tant que socialistes nous nous inscrivons et qui nous a été tracée par nos prédécesseurs, par la charte de Quaregnon, qui est également inscrite dans nos statuts et qui forge nos actions et notre militantisme.
Hugo Chavez a rassemblé autour de son projet socialiste et de ses combats des pays latino-américains que nous avons soutenus dans les plus sombres moments de leur histoire.
Ce parti auquel j’adhère depuis 2 décennies et pour qui j’ai milité depuis au moins 40 ans m’a soutenue en me désignant à la présidence du groupe d’amitié Belgique-Venezuela ( UIP) pendant près de 9 ans. J’ai fait de nombreux rapports lors de mes différentes missions dans ce pays. Jamais, au grand jamais, on ne m’a ralentie dans mon soutien à ce pays. L’UIP est une organisation officielle de la Chambre et du Sénat et financée par ces derniers.
On s’en fout de cela au Boulevard de l’Empereur?

Le Venezuela est un pays avec qui nous avons des relations au moins diplomatiques. L’ambassadeur vénézuélien désigné par le gouvernement de Chavez a présenté ses lettres de créances au Roi.
Notre ambassadeur belge à Caracas a fait de même. Nous y avons même un attaché économique et commercial et une petite communauté de belges y vit.

Ce silence me perturbe beaucoup et me pousse à m’interroger sur l’idéal que je crois partager du moins avec certains.
Dans notre parti le droit de tendance est bien stipulé dans nos statuts. Le PS, sous peine de se voir déserté par des militants, doit tenir compte de cette tendance. Nous ne sommes peut être pas bien nombreux, mais nous aimerions être respectés.
J’ai mal à mon socialisme. J’ose espérer que le PS sortira de sa torpeur.
« Dormeur, réveille-toi » ! Ramène-nous de l’utopie !
Bien fraternellement, »

Quel avenir pour le français dans les pays du Sud ?

La Journée internationale de la Francophonie qui s’est tenue ce 20 mars a été l’occasion de célébrer une langue que nous avons en partage sur les cinq continents et qui contribue à un monde multilingue, à l’heure où la langue anglaise se fait de plus en plus hégémonique.

Chaque année, l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) affirme que le français dans le monde se porte bien. L’ODSEF, l’Observatoire Démographique et Statistique de l’Espace Francophone, vient même de publier une étude selon laquelle les francophones seraient en 2050 de 370 millions à…1,2 milliard ! Voilà des projections qui peuvent en laisser songeur plus d’un.

Derrière les discours rassurants, la réalité vécue notamment dans les pays du Sud est celle d’un recul du français au profit de l’anglais. C’est particulièrement vrai dans le domaine des sciences comme j’ai pu le constater notamment au Maroc. Aujourd’hui, la diffusion d’une étude au niveau international passe par des revues scientifiques anglo-saxonnes qui tiennent le haut du pavé, alors même que 10 pays francophones d’Afrique ne disposent même pas de revues scientifiques locales. Utiliser l’anglais plutôt que le français semble alors pour les élites scientifiques une nécessité sous peine d’être marginalisées.

Mais la marginalisation du français ne se limite pas au domaine des sciences. Même les pays latino-américains, historiquement plus ouverts au français de part leur culture latine et le lourd contentieux avec les Etats-Unis, voient l’apprentissage du français s’effriter malgré quelques signes encourageants.

La situation est particulièrement inquiétante en Afrique où, dans un contexte certes particulier, le Rwanda a adopté l’anglais comme 3ème langue officielle en 2003, avant de faire basculer l’ensemble du système éducatif du français à l’anglais en 2010. Le Gabon réfléchit également à introduire l’anglais comme langue officielle.

L’avenir du français se trouve pourtant dans les pays du Sud, ce dont les pays francophones du Nord ne se rendent pas compte. En 2000, l’Europe représentait encore près de 50% des locuteurs francophones dans le monde. Vers 2050, cette proportion devrait tomber à 12% seulement, pendant que les locuteurs d’Afrique devraient représenter 85% des francophones. Encore faut-il que les pays francophones d’Afrique et d’ailleurs résistent aux sirènes anglophones, ce qui est loin d’être acquis.

Encore faut-il également que les pays francophones du Nord ne ferment pas la porte à ceux du Sud. La France, premier pays francophone, a fermé ses frontières  hermétiquement en mettant en place une politique d’immigration et de visa restrictive, comme l’ensemble des États de l’UE dont bien sur de la Belgique, singulièrement à l’égard des étudiants. Ces derniers sont plus facilement accueillis aux États-Unis et dans les autres pays anglo-saxons.

Journée de la femme: hommage à Djamila Bouhired

A l’occasion de la journée de la femme de ce vendredi, j’ai souhaité  rendre hommage à une militante d’exception trop souvent oubliée : Djamila Bouhired. Djamila Bouhired, comme d’autres militantes algériennes, a joué un rôle important dans l’émancipation des femmes au Maghreb et dans le monde arable. Petite fille, elle m’avait déjà inspirée.

Djamila Bouhired, militante du FLN, est une des figures de la dure lutte de libération de l’Algérie contre le colonialisme français. Elle avait tout juste 22 ans quand, en avril 1957, elle fut arrêtée par les soldats français. Elle fut horriblement torturée avant d’être condamnée à mort par un tribunal militaire. Une intense mobilisation, où l’avocat Jacques Vergès a tenu un rôle clé, parvint à faire efficacement pression sur les autorités françaises. Mêmes Nehru, Nasser et Khrouchtchev sont alors intervenus ! C’est cette mobilisation qui révéla à l’opinion publique française l’étendue de la torture pratiquée par son armée en Algérie. Djamila fut finalement graciée et libérée en 1962 dans le cadre des accords d’Evian ouvrant la voie à l’indépendance.

L’action de Djamila Bouhired est emblématique de l’engagement des femmes algériennes pour  l’indépendance. Mais comme dans toute guerre elles ont été particulièrement ciblées et touchées. Les Français ont déployé de nombreux efforts pour les détacher de leur communauté, tentant de jumeler les organisations de femmes algériennes et françaises pour faire croire que leur émancipation passait par la colonisation.

En outre, les viols par les soldats français ont fait de ces femmes des parias, accusées de déshonneur et de collaboration, avant que l’étendue du phénomène pousse les hommes à y voir enfin des martyrs. C’est sans aucun doute à ce moment que les femmes ont commencé à porter le voile pour se protéger.

La dimension féministe du FLN et de la révolution algérienne a néanmoins été ténue. Seules 11.000 femmes, dont Djamila Bouhired, ont été reconnues comme résistantes contre près de 30.000 hommes. Pour être reconnu comme résistant une fois l’indépendance acquise, il fallait être alphabétisé, ce qui a exclu de nombreuses paysannes peu scolarisées mais pourtant actrices de la lutte pour l’indépendance.

Djamila Bouhired a toujours lutté à la fois pour l’indépendance et pour la libération de la femme. Après 1962, elle contribua ainsi à la rédaction d’une très progressiste loi sur la famille, qui sera rejetée en 1967. Dans les années 80, elle se mobilisa contre le conservateur Code de la Famille en projet, finalement adopté en 1984.

Toujours à distance du pouvoir, elle tomba lentement dans l’oubli. Sans le sou et avec des problèmes de santé, c’est par une vibrante lettre ouverte qu’elle se rappelle à ses compatriotes en 2009 : « Bonjour, je m’appelle Djamila Bouhired, condamnée à mort en 1957 par le tribunal militaire d’Alger ». Cette lettre suscita un choc dans la société algérienne, mais aussi un réel élan de solidarité envers Djamila, devenue porte-voix des anciens combattants de l’indépendance miséreux et oubliés.

Djamila demeure l’exemple d’une femme de combat. Encore aujourd’hui, elle continue de militer activement au sein du mouvement social algérien. Nous lui devions de lui rendre hommage ce 8 mars à quelques jours du 51ème anniversaire des accords d’Evian.

Hommage à Hugo Chavez

C’est avec une grande tristesse que j’ai appris la mort du président du Venezuela Hugo Chavez. Deux années durant, il a combattu pied à pied contre un cancer qui l’a finalement vaincu.

Avec lui meurt un dirigeant qui, dans la noire nuit néolibérale des années 90, a redonné espoir aux progressistes d’Amérique latine et du monde entier en impulsant la Révolution bolivarienne en 1998. Hugo Chavez nous a tous montré qu’une autre politique était possible.

De son œuvre historique, citons sobrement quelques chiffres éloquents. L’analphabétisme a été totalement éradiqué en 2005. La scolarisation des enfants est passée de 50% en 1999 à 85% en 2009. Le nombre d’étudiants a été multiplié par trois. L’extrême pauvreté a été divisée par quatre, passant de 30% en 2003 à 7,5% en 2009. La pauvreté est, elle, passée de 54,7% en 1995 à 26,8% en 2010.

La Révolution bolivarienne a été un formidable point d’appui pour les révolutions citoyennes en Amérique latine et pour la gauche du monde entier. Hugo Chavez a également mis un coût d’arrêt à l’impérialisme américain dans la région.

Hugo Chavez demeurera pour nous une source d’inspiration. Le combat qu’il incarne ne mourra jamais, ni au Venezuela ni ailleurs. Je salue aujourd’hui sa mémoire et exprime ma solidarité à Nicolas Maduro qui sera candidat à sa succession lors des prochaines élections présidentielles.

Je l’ai rencontré et ai échangé avec lui plusieurs fois et suis touchée personnellement par sa disparition. Mes sincères  condoléances à sa famille, à  ses proches et à tous les camarades de la révolution bolivarienne.

Il est urgent de séparer les différentes activités bancaires!

310% du PIB de notre pays: c’est le poids phénoménal des banques belges par rapport à notre économie. C’est une lourde épée de Damoclès qui trône au dessus de nos têtes, quand on sait où les activités de spéculation des banques ont conduit l’Amérique puis le monde en 2008 : la plus grande crise jamais connue !

Il est donc urgent de séparer les activités spéculatives des activités de dépôt des banques pour éviter que les épargnants et les contribuables paient à l’avenir les pots cassés.

En présentant le budget 2013 en novembre dernier, notre gouvernement fédéral a annoncé plusieurs mesures concernant le secteur bancaire : interdiction des bonus dans les banques aidées par l’Etat, règles plus contraignantes pour les autres bonus, augmentation de la contribution des banques aux fonds de protection des dépôts et séparation des activités de trading et de collecte des dépôts.

Ces mesures vont dans le bon sens mais doivent encore être concrétisées. Surtout, la séparation des activités bancaires doit être claire et nette en créant des banques distinctes et en mettant fin aux « banques universelles » (qui combinent activités d’affaires et de dépôt). A défaut d’une séparation étanche, la séparation sera bâclée et les coups de folie de la finance toujours possibles. A cet égard, le gouvernement belge serait bien inspiré de ne pas suivre le contre-exemple français.

La réforme bancaire qui est en passe d’être adoptée en France n’est en effet pas à la hauteur des risques. La banque universelle demeure juridiquement et il n’y a pas de séparation nette des activités mais une simple « filialisation » des activités spéculatives. Or une filiale en difficulté peut facilement mener à l’effondrement d’un groupe solide, comme l’a montré l’exemple d’AIG aux Etats-Unis.

En définitive, d’exception en exception seuls 1 à 2% du produit net bancaire devraient être filialisés, alors même que 78% sont consacrés à des activités de spéculation. Les lobbies bancaires ont ainsi fait du bon boulot : des activités de pure spéculation sur les matières premières agricoles ou les taux de change sont ainsi qualifiés « d’utiles » et exemptées. Idem pour le néfaste Trading Haute Fréquence (THF) qui devait être interdit : 90% de l’activité de THF échappera à la mesure. La réforme bancaire française n’est donc en rien un modèle !

La Belgique a pourtant les moyens d’une réforme bancaire volontariste. Par le passé, elle a été pionnière en ce domaine en Europe. Ainsi, en 1934 la Belgique est un des premiers pays du continent à imposer la scission des banques, s’inspirant ambitieusement du Glass-Steagall Act de Roosevelt adopté un an plus tôt. Nous devons retrouver cette ambition aujourd’hui !

Nouvelle victoire de Rafael Correa et de la révolution citoyenne en Equateur !

Dimanche, le peuple équatorien a une nouvelle fois confirmé son attachement à la « Revolucion ciudadana » (révolution citoyenne) entamée par Rafael Correa depuis 2006.

Avec 56% des voix à l’élection présidentielle dès le 1er tour, Rafael Correa obtient une victoire d’autant plus historique qu’il distancie très largement le principal candidat de droite arrivé loin derrière à 24%. Son parti, l’Allianza Pais, décroche  également la majorité absolue à l’Assemblée nationale suite aux élections législatives tenues le même jour.

Moins connue en Europe que la révolution bolivarienne du Venezuela, alors même que Rafael Correa a étudié en français à Louvain La Neuve, la révolution citoyenne équatorienne n’en demeure pas moins une expérience très riche et porteuse de nombreuses avancées.

Le Plan National pour le Bien Vivre (Buen Vivir) a permis de mettre fin à la longue et triste nuit néolibérale en répondant aux besoins des populations, y compris les communautés indigènes jusqu’à présent largement ignorées et discriminées.

Depuis 2006, la pauvreté est passée de 37% à 25% tandis que le travail des enfants et adolescents a très fortement diminué (de 17% à 6%). Le budget de l’éducation a été multiplié par 8. Des politiques de santé volontaristes ont également été initiées.

Quand à la dette qui étranglait le pays, le gouvernement a mené un audit citoyen au terme duquel elle fut considérée comme en grande partie illégitime. Le gouvernement a refusé d’en payer 70% et le pays ne s’en porte pas plus mal.

En parallèle, une nouvelle constitution est née des travaux de l’Assemblée constituante (2007-2008) avec la volonté de défendre la souveraineté populaire face aux intérêts des multinationales et des institutions financières internationales, mais aussi la volonté d’une rupture avec le capitalisme et la société coloniale en Equateur.

En résonance avec les luttes du mouvement social et indigène depuis les années 90, cette implication citoyenne a abouti à une des constitutions les plus progressistes au monde : garantie des services publics, droits pour les communautés indigènes, référendum révocatoire, référendum d’initiative populaire, droit à la désobéissance civile, droit de vote des étrangers à toutes les élections et même droits de la nature y figurent ainsi.

Révolution sociale et citoyenne : la révolution équatorienne détonne aussi par sa profonde conscience de la problématique écologique. La gauche équatorienne prépare ainsi l’après-pétrole avec l’Initiative Yasuni ITT qui délaisse l’exploration de 20% des réserves pétrolières équatoriennes au profit du développement des énergies renouvelables, de la protection de la nature et de la reforestation.

Le socialisme du Bien Vivre initié par Rafael Correa repose ainsi une vision plus large qui dépasse les marges étroites quantitatives de l’économisme et permet l’application d’un nouveau modèle de développement, dont la finalité n’est pas le processus d’accumulation matérielle infinie de biens mais la promotion d’une stratégie économique incluante, durable et démocratique visant un bien-être global.

En mettant en cause la logique productiviste et néolibérale, l’Equateur prépare aujourd’hui sa transition énergétique, sociale et écologique vers une société du Bien Vivre. Le scrutin de dimanche le confirme plus que jamais.

Assassinat de Chokri Belaïd : la révolution tunisienne en danger!

L’assassinat de l’avocat Chokri Belaïd mercredi est un coup de massue pour le mouvement révolutionnaire tunisien et les espoirs soulevés dans cette Tunisie pionnière du Printemps arabe. Chokri Belaïd, secrétaire général du Mouvement des Patriotes Démocrates (MOUPAD), et membre dirigeant du Front Populaire, était une figure de la Révolution tunisienne qui a mis à bas la dictature de Ben Ali.

Depuis de nombreuses semaines, il dénonçait courageusement la Ligue de de Protection de la Révolution (LPR), milice du parti islamiste Ennahda au pouvoir. Ce weekend encore, ce courageux militant de gauche marxiste et laïque était passé à tabac lors d’une réunion du MOUPAD. L’avenir dira à qui profite cet assassinat odieux.

Au delà des mots et des communiqués diplomatiques larmoyants, l’Union européenne doit aider la démocratie tunisienne et ne pas laisser l’obscurantisme prospérer sur la misère. Elle en a les moyens !

L’UE doit permettre le rapatriement immédiat des avoirs gelés du dictateur déchu. Deux ans après la chute de Ben Ali, ce n’est toujours pas le cas ! L’UE doit aussi annuler la dette extérieure odieusement héritée de la dictature. Plus que tout, elle doit créer les conditions d’un partenariat réel avec la Tunisie, au lieu de faire pression pour un accord de libre-échange qui aggraverait la situation économique du pays.

Les progressistes européens doivent être aux côtés de ceux de Tunisie ! Nous devons soutenir avec vigueur les mobilisations pacifiques des organisations politiques, associatives et syndicales tunisiennes qui résistent au quotidien à l’obscurantisme et au fanatisme.

Il faut dire non au TSCG!

Mardi paraissait dans le Soir une carte blanche appelant les parlementaires belges à ne pas ratifier le Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance (TSCG), aussi appelé Pacte budgétaire européen. Aux côtés de militants associatifs, de syndicalistes et de militants de divers partis politiques, j’étais l’unique parlementaire socialiste à signer cet appel.

Certains parlent de combat d’arrière-garde, alors que le TSCG est rentré en vigueur le 1er janvier. Il suffisait en effet que 12 États membres de la zone euro le ratifient pour qu’il rentre en application, sans blocage d’un État possible. La presse oublie néanmoins que le TSCG ne s’applique pas aux États qui ne l’ont pas encore ratifié, dont la Belgique !

Ce n’est donc en rien un combat d’arrière-garde, surtout quand on comprend la dangerosité de ce traité !

Ce traité menace la démocratie. Il instaure la mise sous tutelle des budgets nationaux par la Commission européenne, qui devra approuver les budgets avant tout ratification parlementaire. Nos élus n’auront plus le dernier mot, mais bien une instance technocratique non élue !

Ce traité nous menace d’une austérité généralisée. Il instaure la règle d’or, interdisant les déficits publics au-delà de 0,5% (contre 3% précédemment). On en connaît déjà les conséquences : coupes budgétaires et récession ! Il oblige aussi les États dont la dette dépasse 60% du PIB à la réduire d’un vingtième par an. Cela concernerait la Belgique appelée alors à dégager 7 milliards d’excédent budgétaire pendant 20 ans ! 20 ans d’austérité garantie ! Une telle logique fera appartenir au passé nos services publics et notre modèle social !

Il faut donc se mobiliser contre ce traité ! En plus de cette carte blanche, un appel contre le TSCG a également été lancé par des féministes, que vous trouverez au lien suivant : http://www.viefeminine.be/spip.php?rubrique485

Ces initiatives sont un bon début mais notre combat doit continuer !