Ancien militaire à la retraite, Ollanta Humala, 48 ans, est le grand favori pour l’élection présidentielle qui aura lieu le 5 juin. En effet, le 10 avril, lors du premier tour, il a devancé ses rivaux.

Avec plus de 30% il devance largement sa rivale de droite Keiko Fujimori (23%), fille de l’ancien président populiste d’origine japonaise Alberto Fujimori, condamné pour violation des droits humains et pour détournement de fonds. Il est aujourd’hui emprisonné à Lima. L’ex-président Alejandro Toledo, souvent surnommé « l’Indien qui croit au marché », n’a obtenu que 15% des suffrages. Ollanta devra donc affronté Keiko Fujimori le 5 juin prochain lors du deuxième tour.

On peut expliquer l’ascension du « Chavez péruvien » par les résultats désastreux au niveau social des politiques néolibérales qui ont été menées ces dernières années, ce qui contribue à renforcer l’aspiration à une véritable alternance. Ce dernier a également indiqué qu’il redistribuerait les richesses, tout en respectant la démocratie institutionnelle.

Le virage à gauche entamé par l’Amérique latine, ces dix dernières années, sur fond de profondes inégalités sociales semble aussi porter Ollanta vers la victoire. Il semblerait que les nouvelles politiques sociales, la souveraineté sur les richesses naturelles, la mise en cause de l’hégémonie des Etats-Unis et l’intégration politique du sous-continent constituent un mouvement d’ensemble en Amérique latine.

Comme l’a très bien dit un certain Ernesto Che Guevara, visionnaire comme souvent: « Y esa ola que se empieza a levantar por entre las tierras de Latinoamérica, esa ola ya no parará más. Esa ola irá creciendo cada día que pase. » (« Et cette vague qui commence à se lever à travers les terres d’Amérique latine, cette vague ne s’arrêtera jamais, cette vague grandira de jours en jours »).